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Installation et syndicalisme agricole : les défis de la relève en Bretagne

La Bretagne, première région de France pour l'installation agricole, est confrontée à l'urgence du renouvellement des générations. Deux jeunes agriculteurs engagés, Elodie Guillotel et Charles Faussé, partagent leur parcours, les freins rencontrés et le rôle crucial de leur engagement syndical auprès des Jeunes Agriculteurs (JA). Ils soulignent l'importance du dispositif d'aide (DJA) et la nécessité de simplifier la reprise des exploitations.

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Le renouvellement des générations est le « nerf de la guerre » pour l'agriculture bretonne. Malgré son statut de première région installatrice (430 installations aidées par an), la réalité du terrain est critique : on ne compte qu'une seule installation pour trois départs en retraite. Avec 40 % des chefs d’exploitation ayant plus de 55 ans, près de 12 000 exploitations seront à reprendre dans les dix prochaines années.

Face à ce défi colossal, des parcours comme ceux d'Elodie Guillotel (cuniculture, Morbihan) et Charles Faussé (production de lait biologique, Ille-et-Vilaine), tous deux issus de fermes familiales et engagés chez JA, illustrent la détermination d'une nouvelle vague. Leur témoignage met en lumière la nécessité de moderniser les outils, notamment en élevage laitier, pour rendre les postes plus attractifs et compatibles avec des horaires de travail acceptables pour le salariat agricole.

Le parcours d'installation : sécuriser pour durer

L'un des leviers pour garantir la pérennité des projets est le parcours d'installation balisé. En Bretagne, ce dispositif s'articule autour du PAI (Point Accueil Installation), du 3P (Plan Professionnel Personnalisé) et d'une étude économique approfondie sur cinq ans. Ce processus, bien que parfois jugé long (environ un an), est un gage de réussite. Charles Faussé, président de JA Bretagne, avance un chiffre éloquent : 95 % des porteurs de projet ayant suivi ce parcours sont toujours installés cinq ans après.

Cet accompagnement vise non seulement à professionnaliser les jeunes, mais aussi à leur apporter une vision économique à long terme, essentielle face aux incertitudes climatiques et sanitaires. Il permet également de rassurer les partenaires bancaires, cruciaux lorsque les jeunes agriculteurs doivent financer des structures dont le coût peut atteindre plusieurs millions d'euros.

Hausse de la DJA et simplification : les victoires du syndicalisme

L'un des principaux freins à l'installation demeure l'accès au financement et le coût des structures à reprendre. Pour soutenir les jeunes, le syndicalisme agricole a obtenu un ajustement majeur de la DJA (Dotation Jeune Agriculteur). Le président de la Région Bretagne a ainsi annoncé une augmentation de 36 % : la DJA passera de 22 000 € à 30 000 € pour les installations à partir de novembre 2025, assortie de la suppression des PBS (Points Bonifications Supplémentaires).

Cette DJA unique est une victoire pour les Jeunes Agriculteurs, qui défendent l'égalité entre tous les systèmes de production, qu'il s'agisse de maraîchage sur petites surfaces ou de grosses structures laitières. L'objectif est clair : simplifier le dispositif administratif et fournir une trésorerie indispensable au démarrage d'une activité où l'investissement initial moyen se chiffre en centaines de milliers d'euros.

Elodie Guillotel et Charles Faussé insistent sur le rôle fondamental du syndicat, dont la structure, construite depuis la base (du canton à l'échelon national), garantit que les positions défendues à Paris émanent directement des problématiques des agriculteurs sur le terrain. L'engagement, même partiel, est encouragé, car il est le moteur de la défense collective d'une profession en pleine mutation.

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